La protection de la régénération naturelle
Après avoir longtemps privilégié la régénération artificielle des aires de coupe, le Québec a résolument opté pour des méthodes sylvicoles conçues pour favoriser la régénération naturelle des peuplements : coupe de jardinage, coupe progressive, coupe par bandes, par trouées, etc.
Effectuées judicieusement, en tenant compte des exigences des essences forestières à régénérer et de la végétation concurrente à contrer, les coupes préconisées favorisent l’établissement de peuplements denses et de qualité.
De plus, en protégeant les jeunes arbres âgés de huit à 10 ans qui croissent dans le sous-bois, on hâte d’autant la prochaine récolte. Par ailleurs, là où la densité du couvert freine l’établissement de nouvelles tiges, une coupe de régénération ou une éclaircie commerciale contribuent à rectifier la situation, tout en fournissant un volume de bois qui serait sans doute perdu, partiellement du moins, avant la récolte finale.
Il va sans dire que la coupe de jardinage (ou éclaircie jardinatoire) pratiquée dans un peuplement inéquienne de bois francs a des effets semblables sur la régénération naturelle et permet, elle aussi, de récolter des arbres de qualité, produits à des coûts moindres.
Le Québec n’exclut pourtant pas toute régénération artificielle. On continue d’y avoir recours pour remettre en production les aires dévastées par le feu, lorsque les sources de semences font défaut, pour enrichir les peuplements en essences précieuses afin d’accélérer l’établissement d’un peuplement naturel de plus grande valeur et pour reconstituer les peuplements de pins gris, dont la régénération est plus aléatoire, car la chaleur intense requise pour que leurs semenses se libèrent est fort rare sous nos climats.
Les méthodes sylvicoles classiques ont d’abord été conçues pour assurer le renouvellement optimal des peuplements et améliorer la qualité des tiges. Cependant, on peut facilement les ajuster pour tenir compte des préoccupations actuelles : protection de l’environnement, maintien de la biodiversité et respect de la polyvalence du milieu forestier.
L’approche naturelle retenue par le ministère des Ressources naturelles permettra également d’assainir les peuplements et d’obtenir des arbres à la fois plus vigoureux et moins vulnérables face aux maladies et aux insectes. Elle est dont tout à fait conforme à la stratégie de protection des forêts.
À n’en pas douter, ce retour à des techniques sylvicoles plus " douces " place le Québec au nombre des pays forestiers les plus progressistes en matière de sylviculture